Guilhem Bourgois, le goût du retour et la force du parcours

Il y a des retours qui comptent plus que d’autres.
Celui de Guilhem Bourgois au Rugby Club Nîmois en fait partie.

Formé dans le Gard, passé par le haut niveau, marqué par les blessures, exilé en Nouvelle-Zélande pour se reconstruire, le talonneur retrouve aujourd’hui le Stade Kaufmann avec maturité, gratitude et une détermination intacte.


Un parcours forgé par les épreuves

Guilhem raconte son histoire avec simplicité :

« J’ai un parcours plutôt classique d’un petit gars d’autour d’Alès en fin de compte. J’ai commencé au RC Alèsien, qui n’existe plus, et j’ai été repéré par Nîmes lors des sélections du Gard. »

Très tôt, il rejoint le RCN et découvre le haut niveau jeunes :

« J’ai ensuite passé deux ans ici en Gaudermen / Alamercery avec normalement Bernard Mathieu. »

Après un passage en Crabos à Montpellier, une opportunité majeure se présente :

« Après une année, j’ai reçu un appel d’Oyonnax pour les rejoindre. J’ai passé 6 années là-bas, entre espoirs et pro. »

Six saisons structurantes. Puis un tournant brutal.

« Le Covid est arrivé lorsque j’étais en fin de contrat, j’ai trouvé un point de chute à Suresnes au dernier moment. Je suis ensuite parti à Valence-Romans rejoindre le même coach qui m’avait amené à Oyo, Johan Authier. »

Mais les blessures viennent freiner l’élan :

« Au cours de cette dernière année je m’étais fait les croisés tôt dans la saison et ça n’était pas ma première grosse blessure. J’avais perdu goût au rugby et n’avais pas pu retrouver un club qui m’intéressait. »

Beaucoup auraient stoppé là. Pas lui.


La parenthèse néo-zélandaise : repartir de zéro

Pour se relancer, Guilhem fait un choix fort : partir à l’autre bout du monde.

« Je suis donc parti en amateur en Nouvelle-Zélande pour me relancer du côté d’Auckland où j’ai rejoint le club de Frano Botica, le North Shore RFC. »

Mais le sort s’acharne une nouvelle fois :

« Malheureusement je me suis refait les croisés pour la troisième fois tôt et j’ai passé une année blanche. »

Trois ruptures des ligaments croisés. Trois reconstructions.

Il décide alors de changer d’environnement :

« J’ai changé d’air et suis parti à Christchurch rejoindre New Brighton RFC où j’ai fait une très belle saison et ai été appelé avec Canterbury B et les Crusaders B. »

Une reconnaissance forte dans un pays où le rugby est une culture.

Il poursuit ensuite à Nelson :

« Enfin, j’ai rejoint le club de Waimea dans la petite ville de Nelson où je m’entraînais en parallèle avec le groupe haute performance des Tasman Makos. »

Cette expérience néo-zélandaise l’a renforcé. Humainement. Sportivement. Mentalement.


« Le retour à Nîmes a été une grande joie »

Après plus d’une décennie loin du Stade Kaufmann, le retour a été chargé d’émotion.

« Le retour à Nîmes a été une grande joie très honnêtement. Ça m’a fait plaisir de revenir ici après plus d’une décennie loin de Kaufmann. »

Retrouver des visages connus a ravivé des souvenirs :

« Croiser le fer avec Tim Guillimin avec qui j’avais joué en sélection du Gard, en Gauderman / Alamercery mais également à Montpellier, c’est forcément particulier. »

Et puis il y a ce moment symbolique, presque intime :

« Je crois qu’il m’a surpris en train d’être fier d’avoir le taureau sur la poitrine pour mon premier match à la maison. »

Porter à nouveau les couleurs rouge et blanche n’est pas anodin. C’est un retour aux racines.

Il y a aussi l’émotion familiale :

« C’est une grande joie également de pouvoir rejouer devant ma famille qui ne m’avait pas vu jouer depuis 3 ans. »

Et une vraie reconnaissance envers le club :

« J’ai énormément de reconnaissance envers tous les hommes et acteurs du RCN que j’ai croisés ici lors de mon dernier passage et qui ont continué à me suivre et supporter même sous d’autres couleurs en me souhaitant toujours le meilleur. »


Un message fort avant Tricastin

Ce samedi 28 février à 19h30, le Rugby Club Nîmois reçoit Tricastin au Stade Kaufmann. Un rendez-vous important dans la saison.

Le message de Guilhem aux supporters est clair, sincère et engagé :

« On a réellement besoin d’eux. On sait qu’on n’est pas où ils souhaiteraient que l’on soit mais on va dans la bonne direction et on met tout en place pour les satisfaire. »

Il s’appuie sur la dernière rencontre face à Aubenas :

« Les 10 dernières minutes face à Aubenas démontrent qu’on ne va rien lâcher mais surtout qu’on a besoin d’eux jusqu’à la 80e minute. »

Un appel à l’unité.
Un appel à faire bloc.

Samedi, le combat sera collectif.
Sur le terrain, avec un talonneur revenu de loin.
Et dans les tribunes, jusqu’à la dernière seconde.